Comparatif
Comparatif des CTO personne morale
Une poignée de courtiers seulement acceptent les sociétés, et la plupart des plus compétitifs du marché des particuliers n'en font pas partie. Formes juridiques admises, numéro LEI, délai d'ouverture, frais de change et piège fiscal des OPCVM.
Au sommaire
1. Le tableau comparatif
Six courtiers, notés critère par critère, et un simulateur calé sur la façon dont une société investit réellement : peu d'ordres, mais des montants élevés.
Le tableau complet
Six courtiers,
notés critère par critère.
Tarifs relevés en août 2026 et actualisés en octobre 2026 sur les grilles officielles applicables aux personnes morales. Une poignée d'acteurs seulement acceptent les sociétés sur ce marché : c'est ce qui rend le choix à la fois plus simple et plus contraint que pour un particulier.
La méthode Nicolas Finance
Un classement calculé,
pas décrété.
Ce classement n'est repris de personne. Chaque sous-note sort d'une formule appliquée aux données du tableau, la même pour tout le monde. Je ne peux pas remonter une ligne en la notant à la main : deux acteurs aux mêmes caractéristiques obtiennent la même note. Les cinq sous-notes sont publiées dans le tableau : additionnez-les, vous retombez sur le total.
- 40Coût réelTotal facturé sur le scénario de référence, calculé par la grille tarifaire
- 20AccessibilitéMontant minimum par ordre, versement programmé, frais d'inactivité
- 15Simplicité fiscaleImprimé fiscal fourni et pays de l'établissement
- 15Étendue de l'offrePlaces de marché et enveloppes annexes accessibles
- 10SoliditéAncienneté, régulateur et garantie des avoirs
Scénario de référence : six ordres de 10 000 € par an dont 40 % en dollars, trésorerie moyenne de 200 000 €. Le coût est ensuite normalisé sur une échelle logarithmique, pour qu'un acteur dix fois plus cher n'écrase pas les écarts entre tous les autres.
| Courtier | Rang | Note /100 | Coût réel /40 | Accessibilité /20 | Simplicité fiscale /15 | Étendue de l'offre /15 | Solidité /10 | Type d'acteur | Pays | Création | Régulation | Garantie des dépôts | Formes juridiques acceptées | Versement initial minimum | Ouverture en ligne | Délai d'ouverture | IFU fourni | Tenue de compte et garde | Ordre Euronext | Ordre actions US | Ordre ETF | Frais de change | Transfert sortant | Titres accessibles | Places de marché | SRD | Cash rémunéré | Crédit lombard | Service client | En bref |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
Saxo BanqueBanque d'investissement | 1 | 87,2 | 40 | 13 | 15 | 13,5 | 5,7 | Banque d'investissement, succursale France | 🇩🇰 Danemark | 1992 | FSA Danemark + AMF France | 100 k€ (Danemark) | SA, SAS, SASU, SARL, EURL, SC et SCI | 100 000 € | Oui | Environ 1 semaine | Oui | 0 € | 0,08 %, min 2 € | 0,08 %, min 1 $ | 0,08 %, min 2 € | 0,25 % | 50 € par ISIN, max 160 € | Environ 71 000 | Plus de 60 places de marché | Oui | En statut VIP seulement, jusqu'à 0,83 % en euros | Oui | Bon, multilingue, 24h/24 cinq jours sur sept | Le meilleur compromis pour une holding, si le ticket de 100 000 € passe. |
Bourse DirectCourtier français | 2 | 81,2 | 40 | 13 | 15 | 8,2 | 5 | Courtier français | 🇫🇷 France | 1996 | AMF France | 100 k€ espèces + 70 k€ titres | Sociétés à l'IS à capital fixe | 0 € (1 000 € recommandés) | Oui, 100 % en ligne | 1 à 2 semaines | Oui | 0 € | 0,99 à 3,80 € | 8,50 € ou 0,09 % | 0,99 à 3,80 € | 0,08 % | 25 € par ligne | Environ 75 000 | Plus de 10 places de marché | Oui | Non | Non | Bon, français, du lundi au vendredi | Le plus simple fiscalement et le moins cher sur Euronext. Ouverture désormais en ligne. |
| 3 | 78,8 | 40 | 20 | 15 | 3 | 0,8 | Néobroker et fintech française | 🇫🇷 France | 2021 | AMF France (PSI et PSAN) | 70 k€ titres (FGDR) | SARL, SAS, SASU, EURL | 0 € | Oui, application mobile et web | Quelques minutes à 48 heures | Oui | 0 € | 1 € sous 500 € | 1 € sous 500 € | 1 € sous 500 €, puis 0,2 % | 0 €, inclus | Non disponible | Environ 1 700 | 2 places de marché (États-Unis, Euronext) | Non | Non | 0 € | Chat dans l'application et email, en français | Ouverture en quelques minutes, mais univers très réduit et pas de transfert sortant. | |
| 5 | 76,2 | 40 | 13 | 0 | 15 | 8,2 | Courtier global, entité irlandaise | 🇺🇸 États-Unis | 1977 | Central Bank of Ireland + SEC | 20 k€ (ICS Irlande, 90 %) | Toutes formes | 0 € | Oui, procédure complexe | 2 à 4 semaines | Non | 0 € | 0,05 %, min 1,25 € | 0,0035 $ par action | 0,05 %, min 3 € | 0,002 %, min 2 $ | 0 € (Asie 50 €) | Plus de 60 000 | Plus de 150 places de marché dans 33 pays | Oui | Oui, jusqu'à 1,5 % environ au-delà de 10 000 € | Oui | Limité, multilingue, 8h-20h | Les frais les plus bas du marché, mais pas d'IFU et une ouverture lourde. | |
FortuneoBanque en ligne | 4 | 76,7 | 40 | 13 | 15 | 5,2 | 3,5 | Banque en ligne (Crédit Mutuel Arkéa) | 🇫🇷 France | 2005 | ACPR et AMF France | 100 k€ espèces + 70 k€ titres | SARL, SAS, SA, SCI | 0 € | Non, par courrier | 1 à 2 semaines | Oui | 0 € | 4,90 € jusqu'à 3 000 €, puis 0,15 % (Progress) | 9,50 € jusqu'à 10 000 €, puis 0,12 % (Progress) | 4,90 € (Amundi 0 €) | 0,12 % | 15 € par ligne | Environ 4 400 | Plus de 10 places de marché | Oui | Non | Non | Modéré, français, 9h-19h | Pratique si la société y a déjà ses comptes. Univers limité. |
| 6 | 52,3 | 20,8 | 13 | 0 | 13,5 | 5 | Banque suisse, filiale luxembourgeoise | 🇨🇭 Suisse | 1996 | FINMA (Suisse) + CSSF (Luxembourg) | 100 k€ (Esisuisse) | Toutes formes | 0 € | Oui | 1 à 2 semaines | Non | 0,025 % par trimestre, min 20 € | 0,10 %, min 14,95 € | 0,10 %, min 14,95 € | 0,10 %, min 14,95 € (ETF Leaders 9 €) | 0,95 % et plus | 25 € par ligne | Environ 80 000 | Plus de 60 places de marché | Oui | Non pour les personnes morales | Oui, la meilleure offre du comparatif | Bon, multilingue, 8h-22h | Crédit lombard et sécurité suisse, mais des droits de garde et un change chère. |
Faites glisser vers la droite pour voir les vingt-cinq colonnes
Simulateur
Ce que ça coûte à votre société,
frais de change compris.
Une holding passe généralement peu d'ordres, mais des montants élevés. C'est exactement la configuration où les barèmes en pourcentage battent les forfaits, et où les minimums par ordre cessent de compter.
Saxo Banque0 €
Bourse Direct0 €
Shares0 €
Interactive Brokers0 €
Fortuneo0 €
Swissquote0 €
Le calcul additionne le courtage, les frais de change sur la part en dollars et les frais de tenue de compte. Il ne tient pas compte de l'impôt sur les sociétés, ni de l'imposition annuelle qui frappe certains OPCVM détenus par une personne morale, même sans vente.
2. Six acteurs, ou presque
C'est le premier constat, et il change tout par rapport au compte-titres d'un particulier où l'on compare vingt-trois courtiers. Ouvrir un compte au nom d'une société suppose des contrôles de conformité lourds, une identification des bénéficiaires effectifs et un suivi réglementaire que la plupart des acteurs ne veulent pas assumer.
Les grands absents sont ceux qui dominent pourtant le marché des particuliers : Trade Republic, XTB, DEGIRO, Trading 212, Lightyear. Aucun n'accepte les personnes morales. BoursoBank fait exception depuis 2026 avec un compte-titres réservé aux clients de son offre professionnelle Bourso Business, que je n'ai pas encore intégré à ce tableau.
Conséquence pratique : si vous cherchez le courtier à 1 € par ordre que vous utilisez à titre personnel, il n'existe pas ici. Parmi les six offres comparées, deux seulement combinent un IFU français et un univers d'investissement large.
Le critère qui départage vraiment n'est pas le prix de l'ordre. C'est de savoir si votre expert-comptable recevra un imprimé fiscal unique en février, ou un fichier de transactions à retraiter ligne par ligne.
3. Ce qui change par rapport à un compte personnel
Les formes juridiques acceptées
Tous les courtiers n'acceptent pas toutes les sociétés. Interactive Brokers et Swissquote ouvrent à toutes les formes. Saxo accepte les SA, SAS, SASU, SARL, EURL et sociétés civiles, SCI comprises. Bourse Direct exige une société à l'impôt sur les sociétés et à capital fixe, ce qui écarte de fait les SCI à capital variable. Vérifiez ce point avant tout le reste : il rend la comparaison des frais sans objet si votre structure n'est pas éligible.
Le numéro LEI, obligatoire et payant
Aucune société ne peut passer un ordre de bourse sans identifiant d'entité juridique. Il se demande auprès d'un organisme agréé, coûte quelques dizaines d'euros par an et doit être renouvelé chaque année. Les six courtiers l'exigent, sans exception. Anticipez-le, car un LEI expiré bloque les ordres.
Le délai et la complexité d'ouverture
| Courtier | Mode d'ouverture | Délai |
|---|---|---|
| Shares | Application mobile ou web | Quelques minutes à 48 heures |
| Saxo Banque | En ligne | Environ une semaine |
| Swissquote et Bourse Direct | En ligne | Une à deux semaines |
| Fortuneo | Dossier papier par courrier | Une à deux semaines |
| Interactive Brokers | En ligne, procédure complexe | Deux à quatre semaines |
Le dossier demande dans tous les cas les statuts à jour, un extrait Kbis récent, la liste des bénéficiaires effectifs, une pièce d'identité du dirigeant et souvent un procès-verbal autorisant l'ouverture du compte.
Les frais de change, encore plus déterminants
Une société investit rarement 300 € par mois : elle place sa trésorerie par gros montants. Sur un ordre de 10 000 € en dollars, l'écart entre les 0,002 % d'Interactive Brokers et les 0,95 % de Swissquote représente 95 € sur une seule opération. Répété six fois par an sur dix ans, cela dépasse les 5 000 €.
4. Le piège fiscal des OPCVM en société
Voici le point que le choix du courtier ne résoudra jamais, et qui pèse plus lourd que tous les frais réunis.
Une société soumise à l'impôt sur les sociétés qui détient certains organismes de placement collectif doit constater chaque année la variation de leur valeur dans son résultat imposable, même sans avoir rien vendu. Le gain latent devient donc imposable, et il faut sortir la trésorerie pour payer un impôt sur une plus-value que l'on n'a pas encaissée.
Les actions en direct et les ETF ne sont en principe pas concernés par ce mécanisme : l'imposition n'intervient qu'à la cession. C'est la raison pour laquelle beaucoup de dirigeants construisent la trésorerie de leur holding en titres vifs et en ETF plutôt qu'en fonds classiques.
Ce sujet dépend de la nature exacte du support et du régime de votre société. Faites-le valider par votre expert-comptable avant le premier ordre, pas au moment du bilan.
5. Le verdict, par profil
| Votre situation | Le courtier adapté | Pourquoi |
|---|---|---|
| PME ou SCI française, priorité à la simplicité | Bourse Direct | IFU fourni, frais bas sur Euronext, service client français |
| Holding importante, marchés internationaux | Interactive Brokers | Les frais les plus bas et l'univers le plus large, au prix d'une gestion fiscale manuelle |
| Trésorerie de plus de 100 000 € | Saxo Banque | Le seul à combiner IFU français et univers large, avec un cash rémunéré en statut VIP seulement |
| Vous voulez emprunter sur votre portefeuille | Swissquote | La meilleure offre de crédit lombard du comparatif, mais des frais élevés partout ailleurs |
| Première expérience, petits montants | Shares | Ouverture en quelques minutes, IFU fourni, aucun frais de change |
| Votre société est déjà chez Fortuneo | Fortuneo | Intégration avec le compte bancaire existant, mais univers réduit |
6. Ouvrir le compte : la procédure réelle
Dans l'ordre, et sans sauter d'étape.
- Vérifiez vos statuts. L'objet social doit permettre la gestion de valeurs mobilières. Si ce n'est pas écrit, une modification statutaire s'impose avant l'ouverture.
- Obtenez le numéro LEI. Comptez quelques jours et quelques dizaines d'euros.
- Réunissez le dossier. Statuts, Kbis de moins de trois mois, bénéficiaires effectifs, pièce d'identité du dirigeant, procès-verbal d'autorisation.
- Faites valider la stratégie par votre comptable. Notamment le point sur les OPCVM décrit plus haut, et le traitement comptable des titres que vous comptez acheter.
7. Placer dans la société ou se distribuer un dividende
C'est la question préalable, et elle est souvent traitée après le choix du courtier alors qu'elle devrait venir avant.
Placer dans la société évite le coût immédiat de la distribution, mais chaque plus-value réalisée entre dans le résultat imposable à l'impôt sur les sociétés, sans abattement pour durée de détention.
Se distribuer un dividende coûte 31,4 % de prélèvement forfaitaire unique tout de suite, mais donne ensuite accès au PEA, dont les gains sortent sans impôt sur le revenu après cinq ans.
La réponse dépend de votre horizon, du taux d'impôt sur les sociétés applicable, et surtout de ce que vous comptez faire du capital à terme. Si l'argent doit un jour financer votre train de vie personnel, la distribution finira par arriver de toute façon : la question devient alors de savoir quand, pas si.
Tarifs relevés en août 2026 et actualisés en octobre 2026 sur les grilles officielles applicables aux personnes morales. Ces conditions sont souvent négociées au cas par cas et évoluent fréquemment : demandez une proposition écrite avant d'ouvrir. Cet article ne constitue pas un conseil fiscal : le traitement comptable et fiscal d'un portefeuille de société doit être validé par votre expert-comptable.

Mon avis
Nicolas Domnesques, conseiller en investissements financiers
Pour une holding, je ne commence jamais par les frais. Je demande d'abord ce que la société va acheter, parce que l'imposition annuelle du gain latent sur certains OPCVM pèse plus lourd que n'importe quelle grille tarifaire. Une fois ce point validé avec l'expert-comptable, le choix du courtier devient assez simple.
Si la trésorerie à placer dépasse 100 000 €, Saxo reste en tête : IFU fourni, univers large et frais bas sur les gros ordres. En dessous, Bourse Direct est celui que je regarderais en premier, d'autant que l'ouverture du compte société se fait maintenant en ligne. Interactive Brokers n'a de sens que si tu acceptes de gérer toute la fiscalité à la main. Et anticipe le LEI : c'est lui qui bloque le plus souvent le premier ordre.
Questions fréquentes
Une SCI peut-elle ouvrir un compte-titres ?
Oui chez Interactive Brokers, Swissquote, Saxo et Fortuneo, sous réserve que les statuts le permettent. Attention : pour une SCI à l'impôt sur le revenu, la détention de valeurs mobilières peut entraîner un basculement à l'impôt sur les sociétés. Ce point se valide avec un comptable avant toute ouverture.
Le numéro LEI est-il vraiment obligatoire ?
Oui, sans exception. Aucune personne morale ne peut passer un ordre de bourse sans identifiant d'entité juridique valide. Il se renouvelle chaque année, et un LEI expiré bloque le passage d'ordres.
Pourquoi Trade Republic ou DEGIRO n'acceptent-ils pas les sociétés ?
Parce que l'ouverture d'un compte au nom d'une personne morale impose des contrôles de conformité nettement plus lourds : identification des bénéficiaires effectifs, vérification des statuts, suivi renforcé. Ces acteurs ont fait le choix d'un modèle entièrement automatisé qui s'accommode mal de ces contrôles.
Peut-on transférer un compte-titres personnel vers sa société ?
Non. Ce sont deux titulaires juridiquement distincts. L'opération suppose une vente puis un rachat, avec taxation de la plus-value au passage, ou un apport de titres à la société, qui relève d'un montage à faire encadrer.
Faut-il déclarer un compte-titres détenu à l'étranger par la société ?
Oui. L'obligation de déclarer les comptes ouverts hors de France s'applique aussi aux personnes morales, chaque année et même sans opération. C'est un point à signaler explicitement à votre comptable si vous choisissez Interactive Brokers ou Swissquote.
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