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Assurance-vie

PEA ou assurance-vie : le comparatif chiffré après la réforme de 2026

Par Publié le Mis à jour le 15 min de lecture Article n°19

La hausse de la CSG a rapproché les deux enveloppes. Le comparatif selon ton horizon, ta tranche marginale et ton objectif de transmission.

En bref

La réforme de 2026 a fait diverger les deux régimes : le PEA passe à 18,6 % de prélèvements sociaux, l'assurance-vie reste à 17,2 %. Le PEA garde malgré tout l'avantage sur les actions grâce à l'exonération d'impôt sur le revenu. L'assurance-vie garde le sien sur la souplesse, le choix des supports et surtout la transmission.

Fiscalité des gains, PEA après 5 ans18,6 % de prélèvements sociaux, aucun impôt sur le revenu
Fiscalité des gains, assurance-vie après 8 ans17,2 % plus 7,5 % après abattement annuel
Abattement annuel4 600 € seul, 9 200 € en couple, uniquement en assurance-vie
UniversActions européennes et ETF éligibles contre fonds, immobilier, obligations
TransmissionAucun avantage en PEA, régime dédié en assurance-vie
La bonne réponseLes deux, dans cet ordre, avec des rôles distincts

1. Ce que la réforme de 2026 a changé

Jusqu'au 31 décembre 2025, les deux enveloppes partageaient le même taux de prélèvements sociaux : 17,2 %. La comparaison se jouait donc uniquement sur l'impôt sur le revenu, l'univers d'investissement et la transmission.

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur les revenus du capital de 9,2 à 10,6 %, portant les prélèvements sociaux à 18,6 %. Mais elle a explicitement exclu l'assurance-vie du champ de la hausse, au même titre que les revenus fonciers, le PEL, le CEL et les PEP.

Résultat : pour la première fois depuis 2018, les deux enveloppes ne subissent plus le même taux social. Le PEA est à 18,6 %, l'assurance-vie à 17,2 %.

Ce point de quatorze dixièmes ne renverse pas la hiérarchie, mais il la resserre. Et surtout, il rappelle une chose : le régime d'une enveloppe n'est jamais acquis. C'est un argument de plus pour ne pas mettre toute son épargne dans une seule.

2. Les deux régimes en face à face

PEAAssurance-vie
Plafond de versement150 000 €Aucun
UniversActions européennes, ETF éligiblesFonds euros, unités de compte, immobilier, obligations
Prélèvements sociaux18,6 %17,2 %
Impôt sur le revenuExonéré après 5 ans7,5 % après 8 ans, au-delà de l'abattement
Abattement annuel sur les gainsAucun4 600 € seul, 9 200 € en couple
Retrait partielClôture avant 5 ansLibre à tout moment
Frais de gestion annuelsAucun sur l'encours0,5 à 1 % selon le contrat
TransmissionAucun avantage152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans

La ligne la plus sous-estimée est l'avant-dernière. Un contrat d'assurance-vie prélève chaque année entre 0,5 et 1 % de l'encours, que les marchés montent ou baissent. Un PEA ne prélève rien sur l'encours : tu paies à l'ordre, une fois.

Sur vingt ans, ce point de frais annuel pèse plus lourd que le point quatre d'écart de prélèvements sociaux.

3. Le calcul chiffré sur vingt ans

Hypothèse : 100 000 € investis sur des actions, 6 % de rendement brut annuel, aucun retrait intermédiaire, sortie totale au bout de vingt ans.

PEAAssurance-vie à 0,7 % de frais
Rendement net de frais de contrat6,0 %5,3 %
Capital brut à 20 ans320 714 €280 679 €
Plus-value220 714 €180 679 €
Imposition à la sortie18,6 %≈ 24,7 % après abattement
Net final≈ 279 660 €≈ 236 090 €

L'écart approche 43 000 €, soit plus de 18 % du capital net. Et il ne vient qu'en partie de la fiscalité : la majeure partie provient des frais de gestion annuels du contrat.

Deux nuances honnêtes. Ce calcul suppose une sortie en une fois : en fractionnant les rachats pour rester sous l'abattement annuel, un détenteur d'assurance-vie réduit sensiblement sa facture. Et il suppose des supports identiques, ce qui n'est presque jamais le cas.

4. Ce que l'assurance-vie sait faire et pas le PEA

  • Aucun plafond de versement. Au-delà de 150 000 €, le PEA ne prend plus rien.
  • Le fonds euros. Une poche à capital garanti par l'assureur, impossible à loger dans un PEA.
  • La diversification hors actions. SCPI, obligations, private equity, fonds datés : tout cela est inaccessible en PEA.
  • La liquidité totale. Un rachat partiel ne ferme jamais le contrat, quelle que soit son ancienneté.
  • L'abattement annuel après huit ans, qui permet de sortir des gains sans impôt sur le revenu chaque année.
  • La transmission, et c'est le sujet décisif, traité plus bas.

5. Ce que le PEA sait faire et pas l'assurance-vie

  • Aucun frais sur l'encours. C'est l'avantage le plus puissant sur longue période, et le moins spectaculaire à expliquer.
  • L'exonération totale d'impôt sur le revenu après cinq ans, sans plafond de gains.
  • Cinq ans au lieu de huit pour atteindre le régime favorable.
  • Les titres vifs en direct, impossibles dans la quasi-totalité des contrats d'assurance-vie.
  • La transparence du prix. Tu vois exactement ce que tu paies à chaque ordre.

Le PEA gagne sur le rendement net. L'assurance-vie gagne sur la souplesse et sur ce qui se passe après toi.

6. Le sujet qui tranche presque tout : la transmission

Au décès, un PEA est clôturé. Les gains supportent les prélèvements sociaux et les titres entrent dans la succession selon les règles de droit commun. Aucun avantage particulier.

Une assurance-vie alimentée avant 70 ans permet de transmettre 152 500 € par bénéficiaire en franchise de droits, hors succession classique. Avec trois enfants, cela représente plus de 450 000 € transmis sans droits.

Après 70 ans, l'abattement tombe à 30 500 € au global, tous bénéficiaires confondus, mais les gains produits par ces versements restent exonérés.

Aucun calcul de rendement ne compense cet écart si la transmission fait partie de tes objectifs. C'est pour cette raison que la question « PEA ou assurance-vie » est mal posée : les deux enveloppes ne répondent pas au même besoin.

7. Ma hiérarchie, et pourquoi

  1. L'épargne de précaution d'abord, sur un livret. Trois à six mois de dépenses.
  2. Le PEA ensuite, ouvert immédiatement pour lancer le compteur, et rempli en priorité avec un ETF large. C'est là que le rendement net est le meilleur.
  3. L'assurance-vie en parallèle, ouverte tôt elle aussi pour l'antériorité des huit ans, pour la souplesse, la diversification hors actions et la transmission.
  4. Le compte-titres en dernier, quand le PEA est plein ou pour ce qu'il n'accepte pas.

Un point pratique : ouvrir les deux le même jour ne coûte rien et lance les deux compteurs. C'est la décision la plus rentable et la plus paresseuse à la fois.

Conclusion

La réforme de 2026 a créé un écart de 1,4 point en faveur de l'assurance-vie sur les prélèvements sociaux. Cet écart est réel mais il ne renverse rien : le PEA conserve l'exonération d'impôt sur le revenu et surtout l'absence de frais sur l'encours, qui reste le facteur numéro un sur vingt ans.

La bonne réponse n'a pas changé : les deux, avec des rôles distincts. Le PEA fait croître ton capital actions au moindre coût. L'assurance-vie te donne la souplesse aujourd'hui et organise la transmission demain.

Les simulations sont des illustrations à hypothèses constantes et ne préjugent d'aucune performance. Les taux cités correspondent au droit en vigueur à la date de publication.

Mon avis

Nicolas Domnesques, conseiller en investissements financiers

Pour moi, la question ne s'est jamais posée en « ou ». Le PEA est l'enveloppe que je remplis en premier, mais je ne connais pas de situation patrimoniale où l'assurance-vie n'a pas sa place à côté.

Ce qui fait vraiment la différence, c'est le contrat. Entre un contrat de banque chargé en frais avec des fonds maison et un contrat en ligne qui donne accès aux mêmes ETF que ton PEA, l'écart sur vingt ans pèse bien plus lourd que les 1,4 point de prélèvements sociaux dont tout le monde parle.

Et l'avantage successoral ne vaut que si la clause bénéficiaire est pensée. La clause standard, « mon conjoint, à défaut mes enfants », convient à beaucoup de gens, mais pas aux familles recomposées ni à ceux qui veulent avantager un proche. C'est la première ligne que je relis quand un client me montre son contrat.

Questions fréquentes

PEA ou assurance-vie : lequel choisir ?

Pour investir en actions sur le long terme, le PEA reste le plus avantageux : après cinq ans, les gains ne supportent que 18,6 % de prélèvements sociaux, sans impôt sur le revenu. L'assurance-vie l'emporte sur la souplesse, le choix des supports (fonds euros, obligations, immobilier) et la transmission. Dans la plupart des cas, la bonne réponse est d'ouvrir les deux tôt pour prendre date.

L'assurance-vie échappe-t-elle vraiment à la hausse de 2026 ?

Oui. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a explicitement exclu l'assurance-vie du relèvement de la CSG. Ses gains restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux, contre 18,6 % pour le PEA.

Faut-il ouvrir les deux ?

Oui, et le plus tôt possible. Chacune a son propre compteur d'antériorité, cinq ans pour le PEA, huit ans pour l'assurance-vie. Les ouvrir tôt ne coûte rien et fait gagner des années.

Quelle enveloppe pour un horizon de trois ans ?

Ni l'une ni l'autre pour des actions. Sur trois ans, le risque de marché domine tout avantage fiscal. Un compte à terme ou un fonds monétaire est plus adapté.

Peut-on loger des ETF dans une assurance-vie ?

Oui, mais l'offre dépend entièrement du contrat. Les meilleurs contrats en ligne référencent plusieurs dizaines d'ETF, les contrats bancaires classiques souvent aucun.

L'abattement de 4 600 € porte-t-il sur le retrait ou sur les gains ?

Uniquement sur la part de gains contenue dans le retrait, pas sur le montant retiré. Un rachat de 20 000 € dont 3 000 € de gains reste entièrement sous l'abattement.

Que faire une fois le PEA plein ?

Rien à faire sur le plan lui-même, il continue de capitaliser. Les versements suivants vont sur l'assurance-vie, puis sur le compte-titres selon ce que tu veux y loger.

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