En bref
Cochez la case 2OP si votre tranche marginale d'imposition est de 0 % ou 11 % : vos revenus financiers passent alors au barème, avec l'abattement de 40 % sur les dividendes et 6,8 points de CSG déductible. À 30 % et au-delà, gardez la flat tax de 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf cas particulier de titres achetés avant 2018. L'option est globale : elle s'applique à tous les revenus financiers du foyer de l'année, assurance-vie comprise. Bonne nouvelle de la loi de finances 2026 : pour les revenus 2026, déclarés au printemps 2027, elle n'est plus irrévocable.
| Flat tax 2026 | 31,4 % (12,8 % + 18,6 %) |
| Cocher 2OP | tranche à 0 % ou 11 % |
| Seuil dividendes | tranche théorique de 24,1 % |
| Seuil intérêts et plus-values | tranche théorique de 13,7 % |
| Revenus 2025 | correction en ligne jusqu'au 30 novembre 2026 |
| Revenus 2026 | option révocable (loi de finances 2026) |
1. Ce que change vraiment la case 2OP
Depuis 2018, les revenus de votre compte-titres (dividendes, intérêts, plus-values de cession) sont taxés par défaut au prélèvement forfaitaire unique, la fameuse flat tax. En 2026, elle atteint 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, depuis la hausse de la CSG votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (la CSG sur ces revenus est passée de 9,2 % à 10,6 %).

La case 2OP, sur la déclaration 2042, vous permet de remplacer les 12,8 % d'impôt par votre barème progressif, c'est-à-dire votre tranche marginale d'imposition. Les prélèvements sociaux, eux, ne bougent pas : 18,6 % dans les deux cas. Toute la décision se joue donc sur la part « impôt sur le revenu ».
Le barème appliqué aux revenus 2025, déclarés au printemps 2026 (loi de finances pour 2026, article 4), est le suivant, par part de quotient familial :
| Revenu imposable par part | Taux marginal |
|---|---|
| Jusqu'à 11 600 € | 0 % |
| De 11 600 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 579 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 577 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Si vous investissez dans un PEA, rien de tout cela ne vous concerne tant que vous ne retirez pas avant 5 ans : les gains y restent à l'abri, puis supportent seulement 18,6 % de prélèvements sociaux. J'explique pourquoi dans quand le compte-titres bat le PEA. La case 2OP vise surtout le compte-titres, les comptes à terme, les obligations et les rachats d'assurance-vie.
2. Les trois avantages du barème
Passer au barème n'est pas qu'une affaire de taux. Trois mécanismes jouent en votre faveur, et ils n'existent pas sous la flat tax.
L'abattement de 40 % sur les dividendes. Au barème, seuls 60 % de vos dividendes d'actions entrent dans votre revenu imposable. Il faut que le dividende soit éligible : il figure alors en ligne 2DC de votre imprimé fiscal unique (IFU). Les dividendes de sociétés hors Union européenne sans convention adaptée, ou certains revenus de fonds, n'y ont pas droit. Pour comprendre d'où vient ce revenu, voyez tout comprendre sur les dividendes.
La CSG déductible. Au barème, 6,8 points de la CSG payée sur vos revenus financiers viennent en déduction de votre revenu imposable. Pour les dividendes et les intérêts, la déduction joue sur la même déclaration ; pour les plus-values, elle joue l'année suivante. Sous la flat tax, rien n'est déductible.
Les abattements pour durée de détention. Pour les actions achetées avant le 1er janvier 2018, vos plus-values bénéficient d'un abattement de 50 % après 2 ans de détention et de 65 % après 8 ans, mais seulement si vous optez pour le barème. C'est l'un des rares cas où l'option peut rester gagnante même dans une tranche élevée.
3. Le calcul : à partir de quelle tranche
Le raisonnement tient en une ligne. Sous la flat tax, vous payez 12,8 % d'impôt sur le revenu brut. Au barème, vous payez votre taux marginal sur la part imposable, moins l'économie due à la CSG déductible. On cherche le taux marginal qui égalise les deux.

Pour une plus-value ou des intérêts, imposés à 100 % : t × (1 - 0,068) = 0,128, soit t = 13,7 %. Pour un dividende éligible, imposé à 60 % : t × (0,60 - 0,068) = 0,128, soit t = 24,1 %. Ces seuils ne correspondent à aucune tranche réelle, et c'est justement ce qui simplifie la décision.
| Type de revenu | Part imposable au barème | Taux marginal d'équilibre | En pratique |
|---|---|---|---|
| Intérêts, coupons d'obligations, plus-values | 100 % | 13,7 % | Barème gagnant à 0 % et 11 % |
| Dividendes éligibles | 60 % | 24,1 % | Barème gagnant à 0 % et 11 % |
| Plus-values de titres achetés avant 2018, détenus 2 à 8 ans | 50 % | 29,6 % | Barème gagnant à 0 % et 11 %, perdant de peu à 30 % |
| Plus-values de titres achetés avant 2018, détenus plus de 8 ans | 35 % | 45,4 % | Barème gagnant jusqu'à 41 % |
Ces calculs sont les miens, à partir des taux en vigueur en novembre 2026. Ils supposent que vos revenus financiers restent dans votre tranche actuelle : si un gros dividende ou une grosse plus-value vous fait franchir le seuil de 29 579 € par part, une partie passe à 30 % et le gain fond.
À 0 % ou 11 %, la case 2OP se coche presque toujours. À 30 % et plus, elle se laisse presque toujours vide. Le seul vrai travail, c'est de vérifier ce qui se cache dans la case.
4. Exemples chiffrés pour 1 000 euros
Prenons 1 000 € de revenus financiers et regardons uniquement l'impôt sur le revenu, puisque les 186 € de prélèvements sociaux sont dus dans tous les cas. Sous la flat tax, l'impôt est de 128 €.
| Votre tranche | 1 000 € de dividendes au barème | Écart avec la flat tax | 1 000 € de plus-values au barème | Écart avec la flat tax |
|---|---|---|---|---|
| 0 % | 0 € | 128 € gagnés | 0 € | 128 € gagnés |
| 11 % | 58,52 € | 69,48 € gagnés | 102,52 € | 25,48 € gagnés |
| 30 % | 159,60 € | 31,60 € perdus | 279,60 € | 151,60 € perdus |
| 41 % | 218,12 € | 90,12 € perdus | 382,12 € | 254,12 € perdus |
Détail du calcul à 11 % pour les dividendes : 600 € imposables × 11 % = 66 €, moins 68 € de CSG déductible × 11 % = 7,48 €, soit 58,52 €. À 30 % pour les plus-values : 300 € moins 20,40 €, soit 279,60 €. La décote, qui s'applique aux impôts modestes, peut encore renforcer l'intérêt du barème pour les foyers dans la tranche à 11 %.
Pour un foyer à 11 % qui touche 2 000 € de dividendes par an sur un compte-titres, l'écart dépasse donc 130 € chaque année. Ce n'est pas une fortune, mais c'est gratuit et cela se répète chaque année : à mettre en regard des frais de votre courtier, que vous pouvez comparer dans notre comparatif des comptes-titres.
5. Les pièges de l'option globale
C'est ici que la plupart des erreurs se font. L'option pour le barème est globale : elle vaut pour l'ensemble des revenus soumis à la flat tax du foyer fiscal pour l'année, ceux de votre conjoint et des enfants rattachés compris. Vous ne pouvez pas choisir le barème pour les dividendes et la flat tax pour le reste.

Le piège de l'assurance-vie. Si vous avez fait un rachat sur un contrat de plus de 8 ans, les gains au-delà de l'abattement annuel (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple) sont taxés à 7,5 % d'impôt sur la part des versements inférieure à 150 000 €. Cocher 2OP fait passer ces gains à votre taux marginal, et même à 11 % vous perdez au change. Faites le calcul avant de cocher, et relisez la fiscalité des rachats d'assurance-vie si vous avez retiré de l'argent dans l'année.
Le piège du gros revenu ponctuel. Une plus-value importante, réalisée une seule année, s'ajoute à vos salaires et peut vous faire changer de tranche. Le calcul doit se faire sur votre situation de l'année, pas sur celle de l'année précédente.
Ce que la case ne touche pas. Les plus-values de cryptomonnaies ont leur propre option, distincte, et ne sont pas concernées par la case 2OP. Le PEA, le Livret A, le LDDS et le LEP non plus. Les revenus fonciers ont leur propre régime.
Dernier point : l'acompte de 12,8 % prélevé par votre banque au moment du versement n'est pas perdu. Il est déclaré en case 2CK et vient en déduction de l'impôt final, que vous choisissiez la flat tax ou le barème. Si vos revenus le permettent, vous pouvez même éviter de l'avancer : c'est l'objet de la dispense de l'acompte, à demander avant le 30 novembre.
6. Ce qui change en 2026 et ce que vous pouvez encore faire
Jusqu'aux revenus 2025, l'option était irrévocable : une fois la case cochée, impossible de revenir en arrière, même si le calcul se révélait défavorable. L'article 126 de la loi de finances pour 2026 (loi du 19 février 2026) a supprimé ce caractère irrévocable à l'article 200 A du Code général des impôts. Pour les revenus perçus à partir du 1er janvier 2026, que vous déclarerez au printemps 2027, vous pourrez donc renoncer à l'option après coup si elle vous a coûté plus cher.
Pour vos revenus 2025, déclarés au printemps 2026, l'irrévocabilité reste la règle. En revanche, si vous avez oublié de cocher la case alors qu'elle vous était favorable, l'administration admet de l'exercer a posteriori. Le service de correction en ligne de la déclaration est ouvert jusqu'au 30 novembre 2026 inclus (economie.gouv.fr, page mise à jour le 28 août 2026) : c'est le moment de vérifier votre avis d'impôt si vous êtes dans la tranche à 0 % ou 11 % et que vous avez touché des dividendes.
La méthode la plus simple, chaque printemps : prenez l'IFU de chaque établissement, additionnez les lignes de dividendes, d'intérêts et de plus-values, repérez votre tranche marginale sur votre dernier avis d'impôt, puis faites la simulation sur impots.gouv.fr avec et sans la case. Cela prend dix minutes.
Conclusion
La règle pratique tient en deux lignes : tranche à 0 % ou 11 %, la case 2OP vous fait presque toujours gagner de l'argent ; tranche à 30 % ou plus, elle vous en fait presque toujours perdre, sauf pour des titres achetés avant 2018 et détenus longtemps. Entre les deux, tout se joue sur ce que contient votre déclaration, et surtout sur un éventuel rachat d'assurance-vie dans l'année. Depuis la loi de finances 2026, l'erreur est réparable pour les revenus 2026 et suivants. Pour vos revenus 2025, il vous reste jusqu'au 30 novembre pour corriger en ligne.
Cet article est pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les chiffres cités correspondent à la réglementation en vigueur au 3 novembre 2026 (loi de finances et loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026) et peuvent évoluer avec le budget 2027, en cours d'examen. Investir comporte un risque de perte en capital.
Mon avis
Nicolas Domnesques, fondateur de Nicolas FinanceLa case 2OP est la question fiscale qu'on me pose le plus au printemps, et la réponse tient en une phrase : regardez votre tranche avant de regarder vos dividendes. Dans les messages que je reçois, l'erreur la plus fréquente n'est pas d'oublier la case, c'est de la cocher à 30 % parce qu'un article parlait de l'abattement de 40 %.
Je me méfie surtout de l'option globale. Cocher pour gagner 60 € sur quelques dividendes et perdre 300 € sur un rachat d'assurance-vie de la même année, c'est un grand classique. Mon réflexe : faire la simulation avec et sans la case, à chaque fois, même quand la réponse semble évidente.
Et si vous êtes à 0 % ou 11 % et que vous avez touché des dividendes en 2025, ouvrez votre espace impots.gouv.fr avant le 30 novembre. C'est peut-être l'heure la mieux payée de votre année.
Questions fréquentes
Quand faut-il cocher la case 2OP ?
Quand votre tranche marginale d'imposition est de 0 % ou 11 %. Au-delà, la flat tax de 12,8 % d'impôt est en général plus intéressante, sauf pour les plus-values de titres achetés avant 2018 et détenus plus de 8 ans.
La case 2OP s'applique-t-elle seulement aux dividendes ?
Non. L'option est globale : elle vaut pour tous les revenus soumis à la flat tax du foyer pour l'année, dividendes, intérêts, plus-values de valeurs mobilières et gains de rachats d'assurance-vie compris. Les cryptomonnaies et le PEA ne sont pas concernés.
L'option pour le barème est-elle irrévocable ?
Elle l'est encore pour les revenus 2025. La loi de finances pour 2026 a supprimé l'irrévocabilité pour les revenus perçus à partir de 2026 : vous pourrez y renoncer après coup si elle vous est défavorable.
Peut-on cocher la case 2OP après avoir déclaré ?
Oui, l'administration admet de l'exercer a posteriori. Pour les revenus 2025, le service de correction en ligne est ouvert jusqu'au 30 novembre 2026 inclus.
Les prélèvements sociaux changent-ils avec la case 2OP ?
Non. Ils sont de 18,6 % en 2026 sur les dividendes, intérêts et plus-values, que vous choisissiez la flat tax ou le barème. Seule l'option pour le barème permet de déduire 6,8 points de CSG de votre revenu imposable.
Où trouver les montants à déclarer ?
Sur l'imprimé fiscal unique (IFU) que chaque banque ou courtier vous envoie avant la déclaration. Les dividendes éligibles à l'abattement de 40 % figurent en ligne 2DC, l'acompte de 12,8 % déjà payé en 2CK.